On choisit pas sa famille…

On choisit pas sa famille

Blog Catherine Marquèze – On choisit pas sa famille

Connaissez-vous cette jolie chanson de Maxime Le Forestier, qui dit : « On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille, on choisit pas non plus les trottoirs de Manille… » ?

Ses paroles m’évoquent instantanément toutes les luttes intestines qui se déroulent secrètement au sein même de nos familles. Je vous avoue que j’aime beaucoup les histoires de famille, que ce soit au cinéma, dans les chansons ou dans la littérature. Les relations familiales sont souvent comparables à des guerres larvées qui ne demandent qu’à se déclarer, sous un prétexte ou sous un autre. Dans la vie, le politiquement correct permet d’éviter le passage à l’acte. Mais, dans la fiction, il en va autrement : les auteurs ont toute liberté pour franchir les limites et imaginer toutes les situations des plus tragiques aux plus cocasses.

 

« Famille, je te hais ! »

Ce n’est pas nouveau : même si nous grandissons sans heurts, il y a des chances qu’un jour ou l’autre, nous hurlions comme André Gide, il y a plus de 50 ans, « Famille, je te hais ! ». Non, nous ne sommes pas pour autant ingrats, dégénérés… voire sociopathes ! Nous sommes simplement normaux. Le bon docteur Freud le confirme, d’ailleurs : pour grandir, il nous faut « tuer » père et mère (au sens figuré, bien sûr) ! Rien que ça !

Dans « Vipère au poing », par exemple, le jeune héros, Jean, aurait eu de sacrées bonnes raisons de liquider sa marâtre Folcoche, tellement âpre était la guerre qu’elle lui livrait. Vous ne trouvez pas ? Dans un mode plus tragi-comique, j’ai récemment vu au cinéma une scène qui m’a inspiré l’affrontement final de « L’Étoile de Rome », le roman que je viens de publier. Il s’agit d’« Un été à Osage County » qui oppose la sublime Merryl Streep à la surprenante Julia Roberts.

Suite à la disparition du père de famille, trois sœurs se retrouvent auprès de leur mère (jouée par M. Streep) lunatique et paranoïaque, après plusieurs années de séparation. Pourquoi s’appliquent-elles à vivre éloignées les unes des autres ? Tout simplement, parce que, comme le dit l’une des sœurs : « Ce n’est pas parce qu’on est de la même famille qu’on est obligées de s’aimer ». Caractères différents, jalousies anciennes, modes de vie : tout les oppose.

De rivalités en difficultés à se supporter au quotidien, on assiste à une belle explosion de rage pendant laquelle Julia Roberts se jette sur Merryl Streep en plein repas, pour lui mettre une belle raclée ! Tout à fait politiquement incorrect : on n’assène pas un vrai coup de poing à sa mère, tout de même ! On a le droit d’y penser bien sûr, mais passer à l’acte… Ça non, jamais de la vie !

Bien que presque caricaturale, cette scène passe à l’écran : on y croit… en tout cas, moi, j’y crois. Et je prends même la peine de noter dans un petit coin de ma tête : quelle belle idée à réutiliser, une grosse bagarre en plein repas de famille ! Un truc que personne n’oserait faire dans la vraie vie. Un passage à l’acte inconcevable !

Mais il n’y a pas que les enfants qui en veulent à leurs parents : parfois, ce sont les parents qui envisagent de « tuer » leur enfant. Il n’y a qu’à prendre l’exemple de « Tanguy », qui, devenu adulte, s’incruste chez papa et maman : ceux-ci n’en peuvent décidément plus ! Quand va-t-il dégager, nom d’une pipe ! Ils sont prêts à tout, et même aux plus perfides manipulations pour le flanquer dehors. Un pur plaisir de cinéma !

 

Des romans à la pelle !

Donc, en résumé, la fiction familiale est une belle invention qui rend possible l’inconcevable. Et pour moi qui suis une graine d’écrivain, ces bouillonnements familiaux sont autant de sources d’inspiration et de sujets à explorer : cela me fait penser que je suis loin d’avoir fini d’écrire des romans. Et c’est tant mieux !

En tout cas, pour cet article, c’est terminé. Et puisque, j’ai commencé avec une chanson de M. Leforestier, je finis avec une autre (un brin nostalgique) de Benabar qui réconciliera, sans nul doute, les défenseurs et les détracteurs de la famille : « Quatre murs et un toit ! »

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